Charles Gounod

De Lamentations de Jérémie.

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(Paris 1818 – Saint-Cloud 1893).
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Compositeur français, il effectue des études classiques au lycée Saint-Louis, puis entre au Conservatoire en 1835, prend des cours de contrepoint avec Jacques-Fromental Halévy, de composition avec Anton Reicha, Ferdinando Paer et Jean-François Le Sueur, 1<sup>er</sup> Grand Prix de Rome en 1839, découvre la musique de Pier Luigi Palestrina et de [[Johann Sebastian Bach]] à Rome, imprégné d'un profond sentiment religieux comme Franz Liszt, est sans cesse partagé entre le profane et le sacré, marié en 1852, devient directeur de l'Orphéon de la Ville de Paris, se réfugie à Londres pendant la guerre de 1870 (attitude qui lui sera contestée), période au cours de laquelle il compose, à la demande du gouvernement anglais pour l'inauguration de l'Exposition universelle du 1<sup>er</sup> mai 1871 et exécuté au ''Royal-Albert-Hall'', la cantate ''Gallia pour voix solo, ch. et p, org., vn ou vln'', véritable élégie biblique ([[Abréviations|F-Pn]], Vm1 204).
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Il décrit cette composition dans les termes suivants : ''L'idée me vint de représenter la France telle qu'elle était, non pas seulement vaincue, écrasée, mais outragée, insultée, violée par l'insolence et la brutalité de son ennemi. Je me souvins de Jérusalem en ruines, des gémissements du prophète Jérémie, et sur les premiers versets des lamentations j'écrivis une élégie biblique que j'intitulai Gallia. Le texte, palpitant d'actualité, me donnait ce diapason universel, infaillible, catholique, du malheur des nations vaincues et de cette rage brûlante avec laquelle les victimes invoquent le Dieu des armées, la revanche du Seigneur. La composition m'en vint toute entière d'un seul bloc; elle éclata dans mon cerveau comme une sorte d'obus; je puis dire qu'elle s'imposa plutôt que je ne la composai'' (propos rapportés par Jacques Grimbert). Cette œuvre, écrite en plusieurs versions et plusieurs langues (français, latin, italien et allemand), se décompose en 4 épisodes :
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:1. Introduction et ch. : ''Quomodo sedet sola'' (La voilà seule, vide) [texte s'inspirant des v. 1:1 et 1:2] :
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::La voilà seule, vide, la cité reine des cités !
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::Ses enfants pleurent nuit et jour ds ses murs désolés !
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::Reine, flambeau du monde !
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::Aujourd'hui délaissée !
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::L'ombre dérobe sa honte !
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::Un fleuve de larmes inonde son visage,
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::Pas un ne la console,
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::Pas un parmi ceux qu'elle aime !
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::Les nations l'oublient et l'abandonnent
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::Et la voilà vide, solitaire !
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:2. Cantilène : ''Viæ Sion lugent'' (Ses tribus plaintives) [texte s'inspirant du v. 1:4] :
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::Ses tribus plaintives à ses temples saints
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::Ne viennent plus chanter leurs cantiques !
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::Ses tribus plaintives pleurent,
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::et ne viennent plus aux temples saints chanter leurs cantiques !
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::Ses remparts ne sont que décombres
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::Ses lévites tremblent, gémissent !
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::Sur les fronts vierges plus de fleurs !
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::Son âme se plonge dans sa douleur sans fin !
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::De sa tristesse le poids l'oppresse
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::Les larmes brûlent ses yeux !
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:3. Solo et ch. : ''O vos omnes qui transitis per viam'' (O mes frères, qui passez sur la route !) [texte s'inspirant des v. 1:12 ::1<sup>ère</sup> partie et 1:9 2<sup>ème</sup> partie) :
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::O mes frères, qui passez la route
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::Voyez mes pleurs, ma misère !
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::O mes frères, voyez ma douleur amère !
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::Quelles larmes, peuvent égaler mes larmes ?
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::Grâce, Dieu vengeur, pour tes enfants sans armes,
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::Contre l'insolent vainqueur arme ton bras !
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:4. Finale : ''Jerusalem! Jerusalem!'' (''Jérusalem ! Jérusalem !'') :
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::Jérusalem ! Reviens vers le Seigneur !
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::Reviens vers le Seigneur, le Seigneur Dieu !
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Observations : il n'y a pas d'acrostiches.
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Cette composition a été donnée pour la 1<sup>ère</sup> fois à Albert Hall le 1<sup>er</sup> Mai 1871 puis le 29 octobre au Conservatoire Société des Concerts à Paris, à l'Opéra-Comique le 8 novembre et à la fête de Sainte-Cécile dans l'église de Saint-Eustache.

Version du 18 juillet 2010 à 17:18

(Paris 1818 – Saint-Cloud 1893).

Compositeur français, il effectue des études classiques au lycée Saint-Louis, puis entre au Conservatoire en 1835, prend des cours de contrepoint avec Jacques-Fromental Halévy, de composition avec Anton Reicha, Ferdinando Paer et Jean-François Le Sueur, 1er Grand Prix de Rome en 1839, découvre la musique de Pier Luigi Palestrina et de Johann Sebastian Bach à Rome, imprégné d'un profond sentiment religieux comme Franz Liszt, est sans cesse partagé entre le profane et le sacré, marié en 1852, devient directeur de l'Orphéon de la Ville de Paris, se réfugie à Londres pendant la guerre de 1870 (attitude qui lui sera contestée), période au cours de laquelle il compose, à la demande du gouvernement anglais pour l'inauguration de l'Exposition universelle du 1er mai 1871 et exécuté au Royal-Albert-Hall, la cantate Gallia pour voix solo, ch. et p, org., vn ou vln, véritable élégie biblique (F-Pn, Vm1 204).

Il décrit cette composition dans les termes suivants : L'idée me vint de représenter la France telle qu'elle était, non pas seulement vaincue, écrasée, mais outragée, insultée, violée par l'insolence et la brutalité de son ennemi. Je me souvins de Jérusalem en ruines, des gémissements du prophète Jérémie, et sur les premiers versets des lamentations j'écrivis une élégie biblique que j'intitulai Gallia. Le texte, palpitant d'actualité, me donnait ce diapason universel, infaillible, catholique, du malheur des nations vaincues et de cette rage brûlante avec laquelle les victimes invoquent le Dieu des armées, la revanche du Seigneur. La composition m'en vint toute entière d'un seul bloc; elle éclata dans mon cerveau comme une sorte d'obus; je puis dire qu'elle s'imposa plutôt que je ne la composai (propos rapportés par Jacques Grimbert). Cette œuvre, écrite en plusieurs versions et plusieurs langues (français, latin, italien et allemand), se décompose en 4 épisodes :

1. Introduction et ch. : Quomodo sedet sola (La voilà seule, vide) [texte s'inspirant des v. 1:1 et 1:2] :
La voilà seule, vide, la cité reine des cités !
Ses enfants pleurent nuit et jour ds ses murs désolés !
Reine, flambeau du monde !
Aujourd'hui délaissée !
L'ombre dérobe sa honte !
Un fleuve de larmes inonde son visage,
Pas un ne la console,
Pas un parmi ceux qu'elle aime !
Les nations l'oublient et l'abandonnent
Et la voilà vide, solitaire !
2. Cantilène : Viæ Sion lugent (Ses tribus plaintives) [texte s'inspirant du v. 1:4] :
Ses tribus plaintives à ses temples saints
Ne viennent plus chanter leurs cantiques !
Ses tribus plaintives pleurent,
et ne viennent plus aux temples saints chanter leurs cantiques !
Ses remparts ne sont que décombres
Ses lévites tremblent, gémissent !
Sur les fronts vierges plus de fleurs !
Son âme se plonge dans sa douleur sans fin !
De sa tristesse le poids l'oppresse
Les larmes brûlent ses yeux !
3. Solo et ch. : O vos omnes qui transitis per viam (O mes frères, qui passez sur la route !) [texte s'inspirant des v. 1:12 ::1ère partie et 1:9 2ème partie) :
O mes frères, qui passez la route
Voyez mes pleurs, ma misère !
O mes frères, voyez ma douleur amère !
Quelles larmes, peuvent égaler mes larmes ?
Grâce, Dieu vengeur, pour tes enfants sans armes,
Contre l'insolent vainqueur arme ton bras !
4. Finale : Jerusalem! Jerusalem! (Jérusalem ! Jérusalem !) :
Jérusalem ! Reviens vers le Seigneur !
Reviens vers le Seigneur, le Seigneur Dieu !

Observations : il n'y a pas d'acrostiches.

Cette composition a été donnée pour la 1ère fois à Albert Hall le 1er Mai 1871 puis le 29 octobre au Conservatoire Société des Concerts à Paris, à l'Opéra-Comique le 8 novembre et à la fête de Sainte-Cécile dans l'église de Saint-Eustache.

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